Réalisée en 1996 lors de mon cursus à l’École des Beaux-Arts de Nantes, cette vidéo est fondatrice de ma pratique du médium et du rapport privilégié, déjà entretenu, avec les images de l’enfance.
Constituée de trois courtes séquences et présentée à plusieurs reprises sous forme de triptyque à l’aide de moniteurs cathodiques, la pièce présente un jeune enfant dans des scènes d’intérieurs, toujours aux prises avec son environnement proche. La préhension et le jeu sont au cœur des trois actions vidéographiées, caractérisant la présence de son corps dans l’espace. Une mise en tension qui, par le geste du montage, annonce des pièces ultérieures, jusqu’à catastrophe cinéma (2024-2026).
L’emploi du ralenti-image va jusqu’à produire notamment, à certaine instants, une immobilisation fugace du mouvement émis par l’enfant. Une paralysie relative du geste physique pouvant bien être perçue comme une possible métaphore du temps affectif, dont la réversibilité semble toujours porter en elle ses limites, ses empêchements ou, pour le formuler autrement, ses matières d’illusion.

