Extrait
Et désormais.
Dans le jour qui décline, elle voit.
Oui, enfin elle voit les lignes de feux et les couloirs adverses tendus à travers le paysage.
Et tout le lointain animé par ses retraits, et quelques fumées noires délayant par endroits le ciel.
Ce qu’il faut de poudre et de poussière pour obstruer l’horizon.
À l’adresse de ses yeux, un peu de vertige, de peur aussi de se sentir cruellement enfermée.
À ciel ouvert, comme toujours, probablement.
Et ce lit de cendre qu’il lui faudra à nouveau traverser si, demain ou un autre jour, elle veut rallier l’autre rive pour rejoindre les siens.
Ceux qui ne lui ressemblent guère mais auprès desquels il lui faut parfois se régénérer. Sans quoi mille autres mues plus dangereuses encore pourraient la menacer.
Sa peau à découvert, lieu des supplices et des métamorphoses.
Mille autres mues, et l’incandescence à vouloir encore se transformer.
Et dans le jour qui est, dans le jour qui advient.
Dans l’aube de tout geste où elle se love. Où elle replie ses jambes pour y glisser ses bras et faire reculer les heures. Et s’enfoncer dans un songe brumeux où d’autres silhouettes la rejoignent.
Ombilic des rêves, quel est le nom véritable de l’origine du monde et du désir ?

Artiste plasticienne, Mylène Duc est également Docteure en Philosophie. Elle enseigne l’Esthétique à l’Université Montpellier III et a publié dans différentes revues (Les Figures de l’Art, L’Infini,…). Elle est aussi l’autrice de l’ouvrage La voleuse de feu, illocalités esthétiques (éditions Mimésis, 2021).
