



























Dans ce projet photographique, il n’est qu’images d’une absence, celle relative à la disparition de l’être aimé.
Cartographiant d’abord des lieux urbains sans aucune présence humaine, à la manière d’un archivage de nature personnelle, la pièce finit peu à peu par intégrer le vivant, jusqu’à l’image de corps féminins autres que celui, fantomal, dont l’absence-présence est à origine de son œuvre-dispositif. La nature même des images accompagne le processus de réalisation de l’œuvre : d’abord capturées à l’aide d’une simple smartphone, celles-ci sont ensuite produites à l’aide d’un reflex numérique puis, pour ses dernières semaines, à l’aide d’un boîtier argentique. Retour sur soi, donc, et à une origine de l’enregistrement photographique, tant ontologique qu’autobiographique. Et toujours une même volonté paradoxale de résister à l’effacement de l’être tout en signant son absence dans une matérialité de plus en plus affirmée. Comme l’explique André Bazin dans L’ontologie de l’image photographique, « la photographie ne crée pas, comme l’art, de l’éternité, elle embaume le temps, elle le soustrait seulement à sa propre corruption ».
(ton) absence, dont le titre finit lui-même par s’effacer pendant la durée de son processus matériel de réalisation (365 jours), s’inscrit dans mon projet de Thèse de recherche-création. L’écrit théorique s’appuie en effet, pour une part, sur une réflexion autour de l’acte et du médium photographiques (du « ça a été » de Roland Barthes à l’écologie des images, un axe de pensée d’abord initié par Susan Sontag et actuellement développé par des théoriciens contemporains comme Peter Szendy ou Sophie Suma).
(ton) absence) résonne avec d’autres pièces également en chantier, notamment sonores (Après l’amour, recommencements, double récit, 2025-2026), et peut prendre place dans différentes situations installatives, en fonction des ses lieux d’intervention.
